La chimio est finie, sortez vos perruques! // Sarah’s big wig party

J’ai rencontré Sarah dans le métro. Elle avait un violon et pas de cils. « Chouette! » je me suis dit « une musicienne qui a un cancer. Je vais pouvoir l’interviewer pour mon blog. » (Les blogueuses n’ont pas de coeur). J’espérais qu’elle ait composé un concerto pour alto et machine à administrer la chimio ou bien une symphonie pour violonistes ayant des fourmillements dans les doigts. Malheureusement pour moi, elle n’avait rien fait de la sorte (mais vu qu’elle a joué pleins de concerts avec le Quatuor Voce , on lui pardonne). Mais quelques semaines plus tard, elle m’a donné une idée d’article de blog en m’invitant à sa fête de fin de chimiothérapie placée sous l’égide de… la perruque.

Je pensais que c’était peut-être une façon pour elle de faire ses adieux à sa perruque et à tout ce qu’elle représente (le cancer, les nausées, les regards de pitié des autres etc.), mais pas du tout; Sarah a choisi ce sujet « en pensant à (s)es potes qui se tapaient des barres de rire en essayant (s)a prothèse capillaire pendant sa chimio.» Pour aider ses amis à surmonter le fait que dorénavant ils devraient se contenter de caresser sa repousse, elle leur a ordonné de venir à sa fête coiffés de postiches et de perruques. (Rien de mieux pour booster votre empathie qu’un petit cancer.)

Je me suis donc rendue à sa fête avec une magnifique perruque Marie-Antoinette, accompagnée de mon copain, qui portait un postiche fait de mes tresses coupées avant la chimio. Je ne vous ferai pas le rapport de la fête (what happens at Sarah’s place, stays at Sarah’s place) mais je peux vous expliquer pourquoi, à mon avis, « la perruque » est un thème parfait pour une fête de fin de chimio.IMG_0366

  1. Vu que tout le monde porte une perruque, les gens qui sont en cours de traitement anti-cancer passent inaperçus. (Libérée, délivrée des regards de pitié-é-é)
  2. Les perruques créent des liens. (J’ai parlé à un parfait inconnu juste parce qu’il portait une perruque Mozart assortie à la mienne).
  3. Pour les plus timides; ça lance la conversation: on commence par parler de perruques et de là on passe aisément à Kant et Voltaire.(Le mot-clé de la transition étant évidemment toujours les perruques)
  4. Vu qu’au cours de la soirée on a échangé nos perruques, on a tous fait l’expérience de Sophie van der Stap, l’auteure de La fille aux neuf perruques, qui raconte que lors de sa chimio, elle changeait de personnage à chaque fois qu’elle changeait de perruque. (Outre d’être Marie-Antoinette, j’ai, pour ma part, été tour à tour Dave, un membre des Jackson five et une serpillère à franges.)
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Tout compte fait c’est peut-être plutôt un plumeau qu’une serpillère…

5) Ce genre de fête sensibilise aux problèmes quotidiens des porteurs de perruques. A la fin de la soirée j’ai entendu quelqu’un dire « p*** ça gratte, ces perruques ». Eh oui, mon chou, et toi encore t’as des cheveux. Imagine combien ça gratte sur un crâne chauve! (Tout compte fait une fête à perruque s’imposerait peut-être aussi au début d’une chimio…)

Finalement, ce qui me plaît le plus dans l’idée de Sarah, c’est qu’elle montre qu’avec un esprit créatif, une bonne dose d’humour et d’autodérision et beaucoup de bons amis on peut même tirer de bonnes choses de l’expérience de la chimio. Bon, pas beaucoup. Mais quelques unes. Par exemple une perruque pour la prochaine fête costumée.

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I first met Sarah in the metro. She was wearing a violin and a wig. I thought « Great, a musician who’s got cancer! Maybe I can interview her for my blog ». (Bloggers are heartless…) I was hoping that she had composed a concerto for viola and chemo machine or a symphony for violin players with tingling fingers. Unfortunately for me she hadn’t done such thing (but as she played many concerts with her string quartet Quatuor Voce it’s ok.) But, she gave me proof of her creativity some weeks later, when she invited me to her « end-of-chemo-party ». While most people who finish chemo are anxious to finally store their wig, Sarah decided to celebrate the end of her chemo with… a wig party.
I thought for her it might be a way to say goodbye to her wig and to everything it represented (cancer, chemo, nauseas, people watching you with pity etc.), but I was completely wrong; Sarah chose that theme « thinking of all (her) friends who were having the time of their lives trying on (her) wig while she was on chemo». So, to help her friends to get over the fact that from now on they would have to content themselves with ruffling her regrowth, she ordered them to come to her end-of-chemo-party wearing wigs.(There’s nothing better to boost your empathy towards your friends than having had cancer.)
I went to her party wearing a wonderful Marie-Antoinette wig, joined by my boyfriend who wore a hairpiece made of my braids I had cut before chemo. I won’t report on the party (what happens at Sarah’s place, stays at Sarah’s place), but can give you five reasons why I think « wigs » are a perfect theme for an end-of-chemo party:

  1. As everyone is wearing a wig, people who are having treatment against cancer won’t get noticed for being different.

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    So… who of all these crazy wig wearers has had chemo recently?;)
  2.  Wigs help connect with people you don’t know (I talked to a complete stranger just because he was wearing a Mozart wig perfectly matching with my Marie-Antoinette wig)
  3. For people who are shy wigs help to start a conversation. You start talking about your wig and from there you move easily to Kant and Voltaire. (The key word of the transition still being the wigs)
  4. As we exchanged our wigs during the party, we all did the experience of Sophie van der Stap, the author of The girl with the nine wigs, who explains that during chemo she changed her personality every time se changed her wig. (During the evening, I was Marie-Antoinette, a member of the Jackson Five and a feather duster)

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    another feather duster
  5. This kind of party builds awareness towards people with cancer: at the end of the evening I heard someone complain about the fact that wigs where itching. Well, sweetheart, you at least have hair. Imagine how much it is itching when you’re bald… (Maybe it would be a good idea to organize a wig party before chemo too…)

What I like most about Sarah’s idea is that it shows that with a little creativity, a good dose of humour and a lot of good friends you can even draw something positive from the chemo experience. Well, not much. But at least you’ll have a wig for the next costume party.

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